Louboutin Paris Galerie

Trente ans plus tard, l’espadrille fait un retour remarqué. On la retrouve dans sa forme originale ou presque. Les modèles noirs ou blancs qui chaussaient les mineurs du Nord de la France jusqu’à la première guerre mondiale, avant l’humidification des galeries pour éviter les coups de grisou les semelles en corde n’y ont pas résisté , ont pris des couleurs, des rayures, des fleurs..

Ses Walkyries, ses amazones, disposaient d’un arsenal d’accessoires relevant du tropisme sado maso (menottes, fouet, stilettos). Les filles nues, écrasées de soleil, posant sur des falaises blanches, les androgynes, réminiscences de Marlene Dietrich, mains dans les poches et regard fatal, dans un décorum Mitteleuropa. Newton créa un monde inoubliable.

Gare à cette fille : elle va si vite. 22 ans, Elisa Sednaoui, beauté impressionnante, a déjà affolé la mode mais ça, c’était il y a deux ans, une éternité chez elle. Christian Louboutin, son parrain, envisagea d’en faire plus qu’un mannequin : une muse.

Mais je n’ai jamais imaginé créer des chapeaux, car Philip est un tel maître qu’il est impossible de le dépasser. Et puis je suis tombé amoureux des chaussures. Il y a beaucoup de similarités dans la façon dont souliers et chapeaux sont fabriqués, j’adore le savoir faire, les aspects techniques..

Je suis plus intéressé par ce que peut faire la main humaine que par l’esprit de Dieu. Alors, par goût, je suis tout de suite plus attiré par ce qui est fabriqué de toutes pièces. Et ce visage en est la parfaite incarnation. Tony Manero arpente les rues de Brooklyn, perché sur des chaussures bordeaux. Les talons, élevés et épais, claquent sur l’asphalte. L’homme se déhanche dans un pantalon pattes d’éléphant qui moule sa virilité.

J’y ai vu le jour, j’y ai un peu grandis comme la plupart des membres de ma famille, et ceux d’avant moi. Âge j’ai vingt quatre ans et je m’en réjouis. C’est un âge assez mature, ni trop veille ni trop jeune dit on. Passage célèbre en biologie évolutive, l’hypothèse de la reine rouge s’adapte à merveille aux enjeux évolutifs du monde de l’art actuel, qu’on nomme aussi contemporain. Infinies sont les branches de cet arbre aux ramifications complexes, nombreux sont les signaux contradictoires souvent difficiles pour le grand public à identifier. L’art contemporain, ou comment un groupe concurrentiel d’artistes vivants soumis à la loi du plus fort, à une compétition féroce comme à une farouche reptation, se modifierait et s’adapterait en permanence au contact de ses membres pour survivre dans un effort sélectif toujours recommencé.


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