Louboutin Paris Opera

Justement, qui est cette fameuse cliente? Selon les maisons de couture, elles seraient un petit millier dans le monde. Impossible à vérifier, commente Cameron. Assurément, les Américaines et les Européennes se font rares. Délicatement, l’égérie des Anges de la téléréalité dépositaire du fameux « Allô, non mais allô quoi ! » (une sombre histoire de shampooing), prend place juste en face de moi. Après avoir commandé un thé citron, elle prend son iPhone et cause réseaux sociaux. « Sur Twitter, je raconte ma vie, sur Instagram, le rapport est plus intime avec mon public », explique t elle avant de vanner son attachée de presse, assise juste à côté.

Elle a assez voyagé de par le monde pour savoir reconnaître en New York la ville qui saura s’adapter à son voltage. Son énergie, surtout. Et c’est avec cette énergie toute américaine qu’elle est entrée dans le bar, nous a salué, a aussitôt embrayé sur une conversation qui pourrait ne jamais s’arrêter, le tutoiement a dévoré très vite le vouvoiement, le français a twisté avec quelques expressions en italien et d’autres en arabe.

Seize heures. Nous étions sur le point d’accueillir nos premiers Amateurs d’Art quand patatras! De sombres nuages laissent perler un crachin, puis de grosses gouttes de pluie d’été, c’est la catastrophe, nous avons donc été contraintes et forcées de tout démonter très rapidement et de bâcher certaines pièces. Perplexes coincées dans l’atelier nous assistons impuissantes à ce déluge qui durera jusqu’au début de soirée.

Je me dis que cela est dans ma tête, mais je décide tout de même de sortir mes chaussures à talons, ainsi que mes clefs. C’est à ce moment que je sens une présence encore plus proche, puis on m’arrache mon sac à main. H ! Je cours après mon agresseur, puis je décide de lui lancer mes talons dans son dos.

J’écoute de la musique, je fume des cigarettes. Je finis par me dire que ces cataclysmes potentiels devraient être annoncés quotidiennement, de façon à pouvoir passer ses journées à ne rien faire qu’écouter de la musique. Au moins, là, j’existe. Les journaux en redemandent. Stephanie Seymour et ses camarades Claudia Schiffer, Naomi Campbell etChristy Turlington squattent la une des journaux de mode, enchantent les shootings et les créateurs. C’est fou ce qu’on a pu s’amuser avec des créateurs comme Alaïa ou Versace.

Il est adorable, il me fait la fête chaque fois qu’il me voit. C’est après une bonne demi heure que je retourne au bureau, je demande souvent à ma secrétaire d’aller m’acheter une salade et de l’eau pour la pause du midi, je ne m’arrête jamais jusqu’au soir. Comme toujours, lorsque je décide de m’en aller, il fait déjà nuit.


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